{Texte} La Cabane #8

Levée 9h30. Trop tôt pour un samedi. Pas passé de vendredi soir seule depuis six mois. La maison vide sans enfant. Les Lego épars sur la table du salon, abandonnés en pleine histoire de princesse et de dragons. Manque un truc. Des petits pieds qui rechignent à monter se coucher, des petits doigts serrés sur ma nuque, des « t’es belle maman ».
Une soupe dans le canapé alors. Ton souvenir. Avec du son d’avoine, pas mauvais. Traîner devant la télé, me rappelle plus la dernière fois. 5 juillet.
La semaine s’est écoulée avec les pluies battantes. Parfois des averses de grêles. Rien vu passer. La Vire déborde. Sale temps pour les pêcheurs.

Dimanche, les rois chez Pierre et Sophia. Le malaise sous le sourire faux, mascarade du bonheur parfait. Je vais sous la table. Encore pas eu la fève.

Lundi, mon corps dans un train pour Paris. Le travail, pas envie. Par bonheur la chambre d’hôtel confortable, des sushis, un petit plaisir. Et puis le portable qui vibre. Inattendu. La photo d’un livre, les bons mots qui font sourire. Toujours su y faire. Les mots, les mots qui s’enchaînent par écrans interposés, le bois des décombres exhumé. Souvenir d’une cabane. Botter en touche, les intentions jamais claires, floues toujours. J’éteins.

Mardi, le travail, les rendez-vous, une opportunité. Attraper un train à Saint-Lazare. Prier pour qu’il n’ait pas de retard, descendre à Lison sous le froid, la pluie, la nuit précoce. Tristesse. Vague de regrets, cœur-poudrier. Chasser la maison, les hortensias, de mon esprit. 18h à l’école, soulagement, les petits bras tendus. Amour.

Mercredi, effacer les messages, retour au bureau, garderie, maison, centre de loisirs, la course. Le sourire appuyé de bonne année, le regard qui en dit long. Bureau encore, sport.

Jeudi, le travail toujours, dentiste après, journée pas top, déteste ça, même pour un détartrage. Assistante me coince un mouchoir en papier dans le poing gauche sans explications. Comprends pas. Dentiste russe a amélioré son niveau de français. Parvient maintenant à ordonner clairement « ouvrez », « fermez ». Chantonne « Manureva » en me raclant les dents. De la salive, du tartre sautent sur mon menton. Pense pas au mouchoir, toujours serré dans mon poing.
Le soir, la colère. Veut pas faire ses devoirs. Cris, « monte dans ta chambre », revient le regard sur les pieds, un petit mot sur le papier : excuses acceptées.

Vendredi, travail, yoga, sophro, sport, bonne journée. Positive, sereine. Rassemblée, seule dans ma propre maison, dans le canapé donc. Pas si mal. Repensé au dentiste. Le même. Envie de lui envoyer la photo. Recherche le numéro dans un tiroir. « Avant de venir chez votre chirurgien dentist, svp brossez vos dents et être propre sans odeur de transpiration ». Les mots absents. Inviter Pierre à déjeuner plutôt. Tant pis pour Sophia. Lire, mettre une crème hydratante sur mes jambes – fait rare, mérite d’être noté.

Aujourd’hui, 9h30 donc. Reposée. Tellement heureuse. Roche contre cyclone. Du temps pour caresser le chat. A l’air surpris de tant d’affection d’un coup. Déjeuner, traîner, m’habiller, me maquiller, faire trois courses, recevoir Pierre avant l’atelier d’écriture. Voulait dîner ce soir à l’extérieur avec Sophia. Un italien. Même le choix du resto, il peut pas. Tombe bien, ce midi, lasagnes maison « à ma façon ». Bienvenue, pose ton manteau là, assieds-toi, raconte-moi…

 

Atelier d’écriture du 20 janvier 18 :
le temps file et dans son flux glissent  1000 petites choses du quotidien…

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