{Texte} La Cabane #6

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J’ai longtemps marché.
Seule.
A la rencontre de la mer.
Je ne sais faire que cela. Depuis.

Je n’avais pas prévu d’écrire. Je ne voulais pas. Pas après.
Il me faut. Abandonner. Abandonner la cabane, laisser. L’hiver, le vent, la mer, laisser l’endroit aux éléments, lâcher, tout lâcher. Ne plus t’y attendre.
J’ai mal. Ton silence, ta froideur si loin de la tendresse. Celle de ton regard… Est-ce vraiment toi ? J’aimerais tout garder. Si peu de choses resteront. Ta bouche, la tourterelle, ton voisin, même les mots, ceux qui se sont envolés. « Seuls les actes restent » je devrais le savoir.

J’ai dégringolé la dune. Sans me retourner. Marché, longtemps marché, pour crier, trouver la mer, crier vers l’horizon. C’était une grande marée, tout me semblait trop loin. Comme toi. J’ai attaché le bas de ma jupe à la ceinture de mes dessous. J’ai suivi l’onde d’un bras de mer. Les éclats du soleil pénétraient l’eau avec audace. Chacun de mes pas ramenait sur mes jambes des gouttes à la tiédeur délicieuse. L’immensité du monde comme ses possibilités m’attendaient là. J’étais seule et égarée au milieu des mouettes rieuses. L’estran n’était qu’un vaste miroir. J’ai fait glisser mes vêtements sur le sable et, nue, j’ai nagé jusqu’au phare. Tu dirais que j’avance toujours, mais.

J’y ai pensé. M’avouer vaincue. C’était la journée. La journée des bras qui se baissent, des choses qui se laissent, des cœurs qui se fracassent. A mi-distance, arrêter de battre des jambes, des pieds. A quoi bon ? J’avais misé sur une cabane et je n’ai plus rien. Je n’ai pas pu atteindre le phare mais, j’ai choisi de faire demi-tour. Je suis sortie des eaux comme on renaît. Dedans mon ventre, cette même confiance. Je suis alors restée un moment, debout dans les vagues, le soleil mordant ma peau – pas de crème solaire, il faut bien mourir de quelque chose. Tu dirais cela aussi. J’ai crié. A l’horizon, j’ai crié ton nom, aussi fort que possible dans ma tête j’ai crié, les mèches de mes cheveux salés collées à mon menton, j’ai crié, pleuré de rage comme de tristesse puis posé là mon vœu à l’univers.  Au nom de toi, de moi, des lois de l’attraction.

3 réflexions sur “{Texte} La Cabane #6

  1. C’est triste ce dimanche 😓
    Mais il faut toujours avancer! Continue d’avancer!
    Crier, se défouler car il faut toujours se dire que demain sera meilleur ❤️

    J'aime

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