{Texte} Ce genre de chose

sorry angel

Ce dimanche, j’ai voulu partager avec vous, à l’occasion de la sortie du dernier e-book de Karine Géhin, le témoignage d’une jeune femme particulière. Particulière parce qu’elle est mon amie, parce qu’elle est blessée, comme bon nombre d’entre nous et, particulière parce qu’elle m’a demandé d’écrire son histoire. C’est ainsi qu’est né « Ce genre de chose », texte que je vous propose de découvrir dans le dernier tome de notre projet Textes / Photos de The Polaroid Life, (by William Tinchant) et initié par Karine Géhin. 

C’est la première fois que je me fais plume pour quelqu’un et cette expérience a un goût particulier lorsqu’il s’agit d’embrasser les mots d’une femme explosée…

Ensemble nous avons voulu ainsi aborder les thèmes délicats et graves de l’IVG, du choix qui n’est pas celui du coeur et du deuil.

Je laisse ici Marine – nous l’appellerons Marine donc  pour gager de son anonymat – vous raconter :

L’écriture, le seul remède aux maux lorsque l’on se sent au bout, au bout d’un chemin. Sans boussole et désespérée. Comment faire lorsque l’on est dans l’impasse, lorsqu’un choix impossible doit être fait ? Une vie qui grandit en dedans, l’amour d’un conjoint qui n’est pas prêt à devenir père ?

En confiant mon histoire à Claire je voulais partager un moment terriblement douloureux et silencieux. Un moment que je n’avais pas la capacité de transmettre dans son essence même. Ce moment, c’est celui qui vous traverse lorsque la vie prend fin en vous.

Je souhaitais simplement ‘’crier’’ ‘’expulser’’ cette douleur par les mots, les cracher à même le papier. Ces petits anges qui grandissent en nous et qui ne sont plus, resteront à jamais dans nos cœurs de femmes. Nous avons le droit d’exprimer nos sentiments, nos douleurs, nos faiblesses ou de se rappeler simplement.  Pourquoi alors tout passer sous silence ? Nous taire ? Pourquoi ? Parce que IVG ?

C’est aussi un message d’espoir que je voudrais transmettre. J’aimerais dire que la douleur finit par s’atténuer avec le temps et au travers du travail de deuil, de parole et d’entraide.

Merci à tous ceux qui m’ont soutenue durant cette difficile étape de ma vie, celle de la vie d’une mère l’espace d’un instant…

Voici un extrait de ma nouvelle :

Ce qu’est la vie dedans le ventre de Marine Armand ce matin-là, ce matin ordinaire où dans le bus qu’elle prend, se tiennent debout tous ces gens pressés : mains et bras agrippés, enroulés autour des barres d’appui en acier, écouteurs vissés dans les conduits auditifs, journaux gratuits coincés sous les aisselles, hommes en costume, attaché-case contenant tablettes et ordinateurs portables, souliers lacés impeccablement cirés, airs faussement concentrés, visages fermés et inhospitaliers ; ou ces étudiants fatigués, lunettes à grosses montures épaisses et noires glissant sur les nez gras, saturés de sébum, piqués de points noirs, cartons à dessin calés entre les jambes habillées de jeans trop serrés, slim retroussés dans le bas, pieds nus dans les baskets.

Ce qu’est la vie dans le corps de Marine Armand assise sur un strapontin, dans ce bus bondé vrombissant, quand justement la vie – toujours la vie – défile aussi sous ses yeux : personnes montant ou descendant du véhicule, se précipitant dans leur quotidien tête baissée, à cette heure matinale qui n’est que bouillonnement et effervescence avant l’accalmie qui suivra, lorsque toutes ces énergies seront monopolisées dans des amphithéâtres, des bureaux et autres open spaces impersonnels […]

Ce texte, vous le trouverez dans son intégralité au sein de ce dernier tome de nouvelles intitulé « Sorry Angerl, sorry so » en TÉLÉCHARGEMENT GRATUIT —- > Cliquer ici

Vous y trouverez aussi les excellents textes de Karine Géhin, Roselys Desdunes, Wictorien Allende, William Tinchant et  Wen Saint-Clar.

Bonne lecture, bon dimanche, Claire

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2 réflexions sur “{Texte} Ce genre de chose

  1. Quel texte magnifique! Quel courage!
    On sent à chaque instant combien il a dû être difficile, douloureux de prendre cette décision. Je ne comprends pas non plus pourquoi on laisse les femmes (qui prennent la décision de mettre fin à leur grossesse) entendre les battements de coeur de(s) bébé(s). C’est traumatisant.

    Merci à chacune d’avoir partagé cet instant de vie si délicat. Et avec tant de grâce.

    Aimé par 1 personne

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